L’artillerie

La forteresse de Châtel est un témoin privilégié de l’adaptation d’un château typique du XIIIème siècle à l’artillerie au XVème siècle.

Les murs du château des Vaudémont se sont avérés incapables de résister à l’artillerie qui fut d’abord le fait de bombardes à boulet de pierre dont les difficultés d’opération et la lenteur de tir leur assuraient une efficacité modérée. L’apparition du boulet métallique vers 1420-1430 va véritablement créer une rupture dans l’art de fortifier et Thiébaut VIII de Neufchâtel va comprendre très rapidement la nécessité de moderniser la place de Châtel.

Il fait donc édifier au nord face au plateau une double enceinte superposée pour résister aux tirs ennemis et pouvoir répliquer avec ses propres canons. Les travaux sont achevés vers 1450 par son fils Thiébaut IX qui va également défendre le front sud le long de la Moselle par un mur bouclier placé devant le mur d’enceinte des Vaudémont.

La défense se fait d’une part par des tirs en enfilade pratiqués avec des bâtons à feu, sorte d’ancêtres de l’arquebuse, qui visent les piétons qui tentent de monter à l’assaut des murs. D’autre part, les couleuvrines et les veuglaires sont postés sur des plateformes sur les hauts de l’enceinte pour tirer des boulets métalliques sur les formations ennemies et leurs pièces d’artillerie situées à plus grande distance. La place compte ainsi plusieurs centaines de bouches à feu qui vont la rendre imprenable pendant au moins cent ans.

Il faudra attendre 1670 et l’armée du Maréchal de Créqui pour venir à bout de la forteresse qui est évidemment totalement démodée plus de deux cents ans après sa construction.